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Publié par Gérard Glatt

De Franz-Olivier Gisbert, dans Le Point numéro 2808 du 21 mai 2026, L'Abandon : " Un film puissant et bouleversant sur les derniers jours de Samuel Paty." Et toujours dans ce même numéro, d'Abnousse Shalmani : " Samuel Paty n'était pas un héros malgré lui mais un professeur qui faisait son métier, consistant à planter dans l'esprit d'un enfant, la graine irréversible du doute contre le dogme. C'est pour cela qu'il a été assassiné. Et c'est pour cela qu'il faut continuer à le montrer, à le nommer, à raconter son histoire jusqu'à ce que plus personne ne puisse prétendre ne pas savoir."

A ça, je n'ajouterai rien, parce que tout est dit. Rien, si ce n'est les paroles d'une enfant, que j'ai reprises dans mon roman Juste avant l'espérance, publié aux éditions Christine Bonneton, en 2022. Trois pages consacrées à ce drame. Pourquoi ? Parce qu'elles étaient indispensables. Ce devait être sur BFM-TV. A Moulins, lors d'une cérémonie rendue en hommage à Samuel Paty, un journaliste tendait son micro à l'enfant, toute perdue, ce qu'il voulait connaître ? Ses impressions, bien sûr, ce qu'elle éprouvait, ce qu'elle ressentait. " Le journaliste lui parlait encore quand elle l'a interrompu, juste avant qu'elle ne lève la tête : " Si on faisait ça à mon prof..." Elle s'est arrêtée, stoppée net dans son élan. Elle avait dit ça pour elle-même, sans s'apercevoir que les mots étaient passés sur ses lèvres. Je crois qu'elle a reniflé très fort et que j'ai aperçu ses yeux tout embués, des yeux qui criaient au secours, qui suppliaient, et suppliaient encore. Et puis elle a lancé, comme éperdue: " Si on lui faisait ça... Je serais détruite ! " De nouveau, elle a baissé la tête et, cette fois, elle a sangloté..."

Détruite, oui, comme tous, êtres humains et non bourreaux, nous devrions l'être encore, et toujours, sans esprit de vengeance, par simple humanité, ce qui fait défaut à un si grand nombre

 

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