Publié par Gérard Glatt

maison-de-poupee.jpgQu'en dire ? Que la pièce est mauvaise ? Qu'elle a mal vieilli ? Certainement pas. Sa traduction ? Je ne dirais pas non. Trop de licence, de laisser-aller. La mise en scène de Monsieur Jean-Louis Martinelli ? Sans nul doute, elle doit être pour quelque chose dans la fadeur que nous offre des acteurs absents à force de vouloir exister, au jeu par trop exagéré, dépassant bien souvent le ridicule. Que devient dans tout cela la malheureuse Nora Helmer, la Femme, avec un grand F, prisonnière, au milieu de tous ces hommes, des monstres auxquels on ne croit pas une minute - dommage ! car ils existent pourtant, ces monstres - d'une socièté masculine, dont Henrik Ibsen tente de nous montrer le désarroi, la condition désespérée ? Pas même une héroïne. Car elle ne nous touche pas. Elle est creuse, tout simplement, fallote, inexistante. Voilà bien ce qui doit arriver un jour, lorsqu'on veut faire dire à un auteur plus qu'il n'a voulu dire. On ne fait pas que le trahir, on le dépouille ! Quel sujet, pourtant, que celui-ci, à l'heure où tant de femmes souffrent encore aujourd'hui de tant de maux. Il y a peu, un metteur en scène, directeur d'une jeune compagnie, me disait : " C'est à moi, de me mettre au service de l'auteur, pas l'inverse. " Une humilité que Monsieur Jean-Louis Martinelli a perdu. (avec Marina Foïs, dans le rôle de Nora, Alain Fromager et Laurent Grévill, notamment). Jusqu'au 17 avril 2010.

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