Publié par Gérard Glatt

Toute-passion-abolie-GG.jpgVirginia Woolf disait de ce roman : " Le meilleur livre de Vita Sackville-West. " J'ajouterai à cela que l'écriture, la sensibilité qui s'en dégage, comme une poudre légère qui se déposerait, par hasard, sur nos yeux, n'ont pas été sans me rappeler parfois les accents éblouis de Stefan Zweig ou d'Arthur Schnitzler.

 

Lady Slane est veuve, une jeune veuve de quatre-vingt huit ans. Epouse de ministre, également ex Vice-Roi des Indes, elle a su, depuis ce jour lointain où elle devint la femme de Henry Holland, faire sienne la destinée de celui-ci, s'effaçant avec bonheur, et enchantement aussi, derrière une carrière exemplaire.

 

Mais voici que Lady Slane, au lendemain de funérailles quasi nationales de son époux, et malgré l'effarement de ses enfants, imbus pour certains de leur situation sociale, décide de vivre sa vie, toute passion abolie, et de prendre pour amis ces gens qu'autrefois, les croisant, elle n'aurait peut-être pas remarqués. Elle se retire et, détachée de tout, de tout ce qui l'encombrait jusqu'ici, elle se sent libre de se souvenir, libre de rêver, libre de regretter... Autant de petits délices auxquels elle s'efforcera, sans peine véritable, et jusqu'à son dernier souffle, de donner du relief et des couleurs, celles des saisons retrouvées, des aspirations longtemps et malheureusement contenues.

 

Un livre rare, d'une finesse et d'une élégance extrêmes, admirablement servi par Micha Venaille dont la traduction est exemplaire.

Commenter cet article