Publié par Gérard Glatt

nov-11-6-cancale-gg.jpgA Cancale, un jour de la semaine dernière, la brume s'était infiltrée dans les moindres recoins. Quel étonnement ! Le temps avait été si clair les jours précédents. Et le soir même, tandis que la nuit tombait, le soleil à son coucher avait encore bien à faire pour percer les nuages.

Pourtant, les Hauts de la Houle, une fois encore, m'ont emporté. Je n'étais pas seul, nous avons marché jusqu'à la rue des Jeux que nous avons descendue, tranquilles, puis gagné le port.

 

Sur le quai, nulle âme qui vive. Le ressac de la mer, à marée haute, qui crachotait son peu d'écume sur les pierres. Deux trois doris qui se balançaient doucement, sans même y prendre garde. Tout au loin, au bout de la cale de la Fenêtre, la lueur verte, intermittente, du phare. Et plus près, toujours plus près, au fur et à mesure que nous avancions, notre Cancalaise, masse échouée sur un carré de plage, sans mats, sans vergue, désolée, semblant se demander ce qu'elle faisait là, inutile et presque laide, parce que nue, défigurée, blessée. Elle qui n'était venue de l'été qu'une ou deux fois pour se montrer en apparat, et joyeuse, à tous ces gens, nombreux, qui fréquentent le port et qui auraient aimé qu'elle fût plus souvent à leur côté, j'imagine, et heureux de la voir entrer à marée haute ou s'éloigner, toutes voiles dehors.

 

Est-il donc à ce point réservé à quelques uns, ce navire des temps anciens dont on nous dit pourtant être si fier ? Quelle jalousie les pique, ceux-là qui la tiennent en chaîne, éloignée, trop éloignée, comme une esclave, à Port-Mer ou bien ailleurs... Ou bien encore à Saint-Malo ! Car, cet été, l'unique fois où j'ai pu la voir en beauté, c'est là-bas... Au large du sillon...

 

Ce jour même, à cette heure.

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