Publié par Gérard Glatt

ouragan-laurent-gaude.jpgAvec Laurent Gaudé, comme c'est aujourd'hui la mode - ce qui est une constatation, non un jugement -, l'actualité fait le roman, la littérature ne s'imprègne plus seulement du vécu, elle le relate, le dissèque, le revisite, lui apporte aussi sa dimension. Son émouvante beauté, souligne l'éditeur. Mais une beauté parfois éprouvante, il faut bien le dire, lorsque, avec complaisance, presque inutilement, le réalisme est conduit à son comble.

 

Qui ne se souvient de l'ouragan Katrina qui, le 29 août 2005, passa la Nouvelle Orléans, ses rues, ses habitants, sous le poids de son rouleau compresseur et dans l'indifférence de l'abscons Monsieur Bush ? Le propos de Laurent Gaudé est de nous faire revivre cette tragédie, selon le schéma d'un scénario catastrophe, à travers les destins croisés d'une dizaine de personnages, l'omniprésence de voraces alligators et le regard d'un Dieu qui, sous l'apparence du bras armé de son représentant sur Terre, devient totalement fou.

 

Une étrange beauté, en effet, nous prend aux tripes à la lecture de cet ouvrage, notamment lorsque nous suivons avec intérêt et amusement le cheminement de cette Joséphine Linc Steelson, " négresse depuis presque cent ans. " Personnage haut en couleurs et presque biblique dont la sagesse domine l'ouvrage. Encore heureux, parce que là où l'amour d'un couple, admirable de tendresse, mais improbablement réuni, aurait pu nous faire pleurer de bonheur, Laurent Gaudé a préféré la mort. Etait-ce vraiment nécessaire ? Je ne sais pas. Peut-être que oui, après tout...

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