Publié par Gérard Glatt

une-annee-avec-mon-pereDans le " Libé des écrivains " daté du 25 mars dernier, je lis un article de Geneviève Brisac qui me fait frémir de plaisir, tant il est juste, mais qui, dans le même temps, me remplit de tristesse.

J'en extrais ces lignes : " Nous avons aimé et attendu le Salon du livre, autrefois, il y a trente ans. Quand nous fouinions sous les bibliothèques du stand Gallimard ou de celui du Seuil pour dégoter une édition originale et brochée de Valéry Larbaud ou de Jean Cayrol. (...) Des éditeurs étaient là, souriants, enchantés de rencontrer les lecteurs. Ils ne faisaient pas d'affaires, ni du chiffre, ils parlaient de ce qu'ils aimaient ; c'étaient des gens du Livre. Aujourd'hui, c'est tout différent, le Salon du livre, ce sont des barrières métalliques pour contenir les fans de présentateurs qui ont signés des choses que l'on ne saurait appeler livres. (...) Le Salon du livre est devenu depuis longtemps une manifestation strictement commercial, grimée en évènement culturel, s'il ne rapporte plus assez d'argent à ses commanditaires, ils le fermeront, cela ne me regarde pas, je peux juste dire que je ne pleurerai pas. "

Moi, mon coeur se serrerait tout de même un peu, je l'avoue, si le Salon du livre devait disparaître. Aussi, je me dis qu'un jour, je ne sais pas quand, les éditeurs retrouveront leur vrai métier, bien loin des épiciers : celui de découvreur. On peut rêver.

Geneviève Brisac a notamment écrit " 52 ou La seconde vie " (L'Olivier - 2007). Cette année, elle vient de publier : " Une année avec mon père " (L'Olivier - 2010). Geneviève Brisac écrit également pour la jeunesse.

Commenter cet article