Publié par Gérard Glatt

lievre-de-vatanen-gg.jpgVatanen ! Au début, j'imaginais qu'il s'agissait d'une ville. Il est vrai que je ne fréquente que rarement la Finlande, son histoire et sa géographie. Helsinki, en revanche, ne m'était pas inconnue. Alors, quel n'a pas été mon étonnement lorsque, arrivé à la douze ou treizième page du livre, j'ai découvert que j'avais affaire au héros du roman : un journaliste ! Pas très bien dans sa tête, et moins bien en tout cas que le malheureux animal, un lièvre, que son collègue photographe, qui le ramenait d'une mission, avait failli écraser.

Voici donc notre Vatanen, tout seul, errant dans les bois enneigés, avec ce lièvre sur les bras, dont il ne sait que faire, mais qu'il se sent d'autant plus incapable d'abandonner qu'il a une patte cassée. Commencent alors de nombreuses et extravagantes aventures qui les conduiront, Vatanen et son lièvre, à la poursuite d'un ours, jusqu'à la frontière de l'Union soviétique et au delà, puis, une fois de retour en Finlande, retour effectué manu-militari, en prison.

Roman d'humour écologique, nous dit l'éditeur, en quatrième de couverture. D'humour, certes ; écologique, je ne sais pas. Ou bien alors doit-on désigner ainsi toutes les oeuvres, littéraires ou non, dont l'action se situe hors de nos villes. Sans doute, la nature est ici omniprésente, mais bien souvent comme ennemie de ce pauvre Vatanen, tout autant que les hommes, généralement obtus. Ce que l'on apprécie surtout, je crois, c'est la connivence silencieuse entre les deux héros. L'un et l'autre se regardent sans se voir toujours, ils s'aiment sans se le dire, ils se supportent, ils s'entraident, jusqu'à bientôt ne plus former qu'un seul être, une seule et unique intelligence. La réussite de Arto Paasilinna est en ceci totale. Il nous fait croire à son histoire, tandis qu'elle est incroyable, tant même qu'on souhaiterait qu'elle ne se terminât pas.

Traduction légère, bucolique, parfois amère, toujours enlevée d'Anne Colin du Terrail.

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