Publié par Gérard Glatt

 

impossible-photographieEn soi, une exposition étonnante ! Pourquoi photographier les prisons, rarement ses occupants ? Et pourquoi montrer ces photographies au public ? Photographier les prisons et la vie qui s'y déroule est d'abord chose interdite par la loi. Depuis que la photographie existe, cela signifie que, seules, de rares autorisations ont dû être accordées. Du même coup, cela suppose également que ce que l'on peut voir reproduit à l'heure actuelle, en se rendant au Musée Carnavalet, à Paris, jusqu'au 4 juillet 2010, n'est pas davantage chose courante. Et que découvre-t-on ? Un monde à part. Un monde que l'on ignore. Un monde, veut-on croire, qui remonterait à la nuit des temps, mais aurait disparu depuis déjà près d'un siècle. Un monde replié sur lui-même. Mais un monde qui, soudain, nous effraie. Comme cette photographie prise à Sainte Pélagie, prison parisienne détruite en 1895, qui nous montre, en enfilade, ces grilles qui séparaient les fauves, il y a peu encore, des visiteurs du zoo de Vincennes. Mais des grilles de cages, cette fois-ci, destinées à des êtres humains. Vision quasi insoutenable, insulte à l'humanité, que l'imagination de chacun anime, malgré elle, de gestes et de cris. Une exposition parfaitement construite, mais dont on ne sort ni indemne ni grandi, et qui prête à réfléchir : car le sort de ces emprisonnés, coupables ou non, peut être, un jour malheureux, celui de tous. Il suffit de si peu de chose, parfois, pour que la machine, dite de justice, dérape et s'emballe.

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