Publié par Gérard Glatt

hotel-des-ombres-gg-copie-1.jpgJeannot a une dizaine d'années, ses parents dirigent l'hôtel Continental de Pau. En novembre 1942, les Allemands franchissent la ligne de démarcation qui coupe la France en deux. Et voici que, bientôt, les militaires de la Wehrmacht réquisitionnent deux étages de l'hôtel. Déjà, depuis bon temps, les parents du garçon hébergent clandestinement des familles juives. Cette action se poursuivra jusqu'au départ des Allemands.

Si, au tout début, l'entourage de Jeannot tente de le préserver de ce qu'il se passe autour de lui, et en même temps de sauvegarder un silence indispensable, arrive très vite le moment où la vérité éclate. Le garçon en tire d'abord fierté, puis il parvient à se rendre utile, à participer. " J'appartiens à la Résistance ", dit-il un jour. Et alors, nous participons nous aussi à ses bonheurs, mais surtout à ses angoisses, notamment lorsque son père, démasqué, recherché par les Allemands, est obligé de prendre le large.

Il y a de la naïveté dans tout cela, un peu de complaisance parfois, car tout paraît aujourd'hui un peu facile, je veux dire un peu lisse, pour notre Jeannot qui a maintenant bien grandi et n'est autre que Jean Touyarot, l'auteur de cet " Hôtel des Ombres ". Mais cette naïveté nous touche d'autant plus qu'elle est celle, ressentie, doucement restituée et sensible, d'un vécu déjà lointain, qui ressemblerait presque, malgré les souffrances, les chagrins d'hier, à une partie de cache-cache.

Un beau livre, un récit qui reçut le prix WIZO au mois de juin dernier.

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