Publié par Gérard Glatt

greco-a-dali.jpgC'est dans le cadre prestigieux du Musée Jacquemart André, à Paris, que se tient actuellement l'exposition " Du Greco à Dali ", une exposition issue de la collection Pérez Simon, l'un des collectionneurs vivant les plus éclairés, notamment par l'éclectisme de ces choix.

 

Selon une thématique rigoureuse, on nous offre à voir, en huit salles (un peu étroites, tout de même, il faut l'avouer, le visiteur n'ayant que peu de recul pour apprécier à leur juste valeur certaines oeuvres de taille importante) quatre siècles de peinture espagnole.

 

Parfaitement commentés, les époques et les peintres se rencontrent, se retrouvent souvent côte à côte, sans jamais aucune fausse note, dans une harmonie parfaite, presque naturelle, qui pourrait surprendre pourtant. Or, il n'en est rien, et, plus que jamais, nous nous rendons compte ici, peu importe que ce soit un lieu commun, que l'art est définitivement unique et que la peinture, au milieu de toutes les expressions artistiques, est sans doute celle qui défie le mieux l'espace temporel.

 

C'est ainsi que d'un seul regard, on vous donne à voir un Goya des plus classiques, des plus purs et, surtout, des moins agressifs quand il s'agit de portrait, discuter avec la Jeune fille christ-par-grecodans un fauteuil de Picasso. D'autres rencontres de ce type sont tout aussi réussies : Dali et Tapies, Ribera avec Dali, Murillo et Joaquin Sorolla.

 

Justement, on note la part belle faite à ce dernier grand " Luministe ", longtemps en purgatoire, dont on apprécie aujourd'hui les enfants sur la plage, et plus encore, selon moi, cette éclatante " Tête de vieux pêcheur ".

 

D'autres chefs d'oeuvre, de Zualaga jusqu'à Juan Gris et Miro, sont offerts à nos réflexions. Il faut en profiter, c'est assez rare. Ne serait ce que pour ce " Visage du Christ " du Greco, dont on se départit difficilement, et cette sublime " Pêche héroïque " de Dali. L'exposition se terminera le 1er août 2010.

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