Publié par Gérard Glatt

europe-levi-strauss-gg.jpgLa dernière livraison de la revue Europe (n° 1005-1006, janvier-février 2013) est consacrée à Claude Lévi-Strauss, fondateur de l'anthropologie structurale et, surtout, pour le commun des mortels, auteur du fameux « Tristes Tropiques », publié en 1955, chez Plon, dans la très belle collection Terre Humaine créée par Jean Malaurie.


Cela me fait souvenir de propos que tenait, hélas trop justement, Claude Lévi-Strauss dans « Visite au Kyong », le dernier chapitre de « Tristes tropiques ». C’est révélateur. Et irréfutable, me semble-t-il. Propos relatifs à l'Islam et que notre monde occidental refuse obstinément d'entendre, comme si sa fin, plutôt que la raison, devait être inéluctable. Attitude suicidaire ? Et d'autant plus suicidaire que le silence de beaucoup, face à l'extrémisme, pourrait s'apparenter à une approbations tacite ? Propos néanmoins repris par certains, philosophes ou éditorialistes, à leur propre compte, mais peu importe, cependant nullement écoutés par les politiques pour des raisons de peur évidente.


Que disait Lévi-Strauss? Je ne fais que le citer : « L'évolution rationnelle est inverse de celle de l'histoire : l'Islam a coupé en deux un monde plus civilisé. Ce qui lui paraît actuel relève d'une époque révolue, il vit dans un décalage millénaire. »

tristes-tropiques-gg.jpgOn a déjà tout compris. Je n'irai pas plus loin dans la réflexion, je n'ai pas entrepris ce court article pour philosopher outre mesure, j'en serais bien incapable. Je comprends simplement, sous cette lumière, que l'Islam d'aujourd'hui, c'est notre moyen-âge d'hier, mais doté de ce que la civilisation et le progrès nous ont apporté durant des siècles, en bien comme en mal. Apparu après le bouddhisme et le christianisme, poursuit Claude Lévi-Strauss, « il (l'Islam) représente la forme la plus évoluée de la pensée religieuse sans pour autant être la meilleure ; je dirais même en étant pour cette raison la plus inquiétante des trois. »


Assurément, comme l'écrit si bien Bernard Mezzadri, en prologue avancé à la revue Europe, Claude Lévi-Strauss « a encore son mot à dire ».

Ce jour-même, à cette heure.

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