Publié par Gérard Glatt

au-cafe-de-leglise-jm-soyez.jpg" Le bras arrondi avec gentillesse autour du crâne, Grégoire gravissait les dernières pentes de la butte de Beaumont. Le souffle court dans l'air qu'exhalaient les pierres déjà tièdes et aveuglantes, il grimaça, patoisant sous l'effort : Tu vas voir mon " observatouer ", de là on peut regarder plus de cent kilomètres de pays quand la brume est partie... "


Il s'appelle Grégoire Guiner, il est cantonnier d'un village situé au bord de la Gironde, et jamais on ne le voit sans son " crève-sot ", une espèce de piochon qui lui sert un peu à tout. Un jour, sous les racines d'un cyprès, il découvre un crâne humain. Un crâne vieux de plus de 250 ans.

 

S'ensuit, entre Grégoire et ce crâne, une histoire à la fois des plus drôles et des plus émouvantes. A qui donc pouvait appartenir ce crâne ? Et, maintenant, qu'en faire ? Le remettre là où il était ? Ou bien l'inhumer dignement, comme on ferait d'un ami, plus dignement certainement qu'il ne l'a été voici bien longtemps ?

 

Tout autour de Grégoire, nombre de personnages circulent, se bousculent, s'épient, se réunissent au bistrot de l'église pour décider, aujourd'hui, du sort du pauvre crâne, et demain, pour faire en sorte que Grégoire, enfin, cesse de turlupiner le monde avec ça.

 

Comme à son habitude, Jean-Marc Soyez, disparu en 2009, et que j'avais rencontré à Lille en 1977, avait réussi là un joli tableau paysan, l'un de ces tableaux qui, servi par un style allègre et frais, font toujours nos bonheurs. A lire, pour respirer l'air du large et oublier le vacarme des villes.

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