Dimanche 6 juin 2010
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10:29
" En argent la fine coutellerie, les belles fourchettes ; en argent
les plats où un arbre ouvré dans la concavité du métal recueillait le jus des rôtis ; en argent les compotiers à trois coupes, couronnés par une grenade en argent ; en argent les cruches à vin
martelées par les orfèvres ; en argent les plats à poisson avec leur pagre en argent au ventre rebondi sur un entrelacs d'algues ; en argent les salières, en argent les casse-noisettes, en argent
les gobelets, en argent les petites cuillères gravées d'initiales... "
Concert baroque, de Alejo Carpentier
(Gallimard)
Par Gérard Glatt
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Samedi 5 juin 2010
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10:26
" A présent nous étions sûrs de nous en tirer. Oui, même si elle descendait
encore plus au sud, cette grande calotte de glace, serait-ce jusqu'en Afrique. "
Pourquoi j'ai mangé mon père, de Roy Lewis (Actes
Sud)
Par Gérard Glatt
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Jeudi 3 juin 2010
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10:23
" S'il fallait écrire... Si tout ce qui justifiait le départ des mots
était la violence d'un regard : les yeux lancés fort sur la piste du geste, celui qui démarre l'idée, celui qui crache l'esquisse d'une courbe sans fin. "
Avant l'immobilité, de Marc Le Piouff (HB
Editions)
Par Gérard Glatt
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Mardi 1 juin 2010
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11:18
" Des éclats de rire dans la nuit. Le Khédive a relevé la tête.
"
La Ronde de Nuit, de Patrick Modiano (Gallimard)
Par Gérard Glatt
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Dimanche 30 mai 2010
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11:06
" 17 septembre - Vision de l'oeil bousillée ; difficile de lire. Ecoute de la musique : pas encore sourd.
"
Cytomégalovirus, de Hervé Guibert (Le Seuil)
Par Gérard Glatt
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Samedi 29 mai 2010
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12:12
" En cuir, l'intérieur de la Royce. En cuir, le chauffeur et ses gants.
En cuir, les valises et les sacs bourrant la malle. En cuir, la sandale tressée qui annonce une jambe fine au bord de la portière. En cuir, le tailleur jupe écarlate de Wanda Winnipeg.
"
Odette Toulemonde, de Eric-Emmanuel Schmitt (Albin
Michel)
Par Gérard Glatt
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Dimanche 23 mai 2010
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10:58
" La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse,
l'humidité qui transperce les os, les gros rats noirs en pelage d'hiver qui se faufilent entre des détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour
couvrir le tout, un ciel métallique uniforme qui se déverse à intervalles réguliers comme si Dieu n'en finissait plus de s'acharner sur le simple soldat. "
La Chambre des Officiers, de Marc Dugain (JC
Lattès)
Par Gérard Glatt
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