Publié par Gérard Glatt

On me dit parfois, comme dans un reproche : " Il n'y a plus que vous qui parliez de Roger Vrigny ". Et alors ? Et alors ? ai-je envie de répondre. Il y a pire exemple, je crois. En tout cas, nul autre mieux que lui n'avait compris mon besoin d'écrire. Ce besoin dont il avait fait un petit livre, publié en 1990, et dont, ces prochains jours, pour mon plaisir, et celui de ceux qui me lisent, du moins je l'espère, je donnerai quelques extraits.

Voici donc le premier :

" Il arrive que nous gardions d'un livre un souvenir fragmentaire, une impression diffuse qui continue de vivre en nous, d'agir sur nous comme le ferait une révélation. Dans la vie, il suffit d'un détail pour nous restituer la présence d'un être aimé, d'un paysage qui nous est cher. De même nous n'avons besoin que de quelques lignes, une scène, une réplique pour que l'oeuvre resurgisse à nos yeux dans tout son éclat. " (pages 27 et 28)

Le Besoin d'écrire, selon Roger Vrigny (Grasset)

Et cet autre, sans plus tarder :

" Pourquoi ne pas s'adresser plus souvent aux écrivains quand on étudie la littérature ? Pourquoi ne pas profiter de leur expérience, tirer parti de leurs aveux pour tenter de saisir les procédés de la création littéraire artistique ?

Est-il indispensable de " ne pas savoir écrire pour s'occuper des écrivains et des écritures " ? Péguy se posait déjà la question il y a près d'un siècle, quand il partait en guerre contre les maîtres penseurs de l'Université d'alors, tous " ces petits dominateurs qui prétendent faire l'histoire d'une réalité sans rien entendre à cette réalité ". " (page 32)

Commenter cet article